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p r e s s
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| > PREMONITION n°3 1989 C'est dans un café des Buttes Chaumont que j'ai rencontré Chelsea. J'aurais préféré un lieu à l'atmosphère plus ouatée, quelqu'endroit plus intime. Mais le brouhaha n'a pas nuit à sa loquacité, bien qu'à la première question que je lui posai, sa réponse fût plutôt courte... Que signifie le nom Norma Loy ? C'est un anagramme. Peux-tu me parler de CPM ? C'est notre label, ça a été notre maison de disques en 84. Depuis, nous sommes passés sur Eurobond; entre temps il y a eu Divine qui était sur Madrigal. CPM en tant que maison de disque n'a sorti qu'un maxi, "Psychic Altercations" qu'on vient de rééditer ce mois-ci sur le nouveau label (sur la compilation "82/84" et sur le compact "Psychic Altercations / Rewind"-NDR). Sur CPM on trouve aussi en distribution des cassettes live, des vidéos et d'autres produits qui ne sont pas directement liés au groupe en tant qu'identité Norma Loy mais qui tournent souvent sur les mêmes personnes. Nous n'avons jamais signé de groupes sur ce label pour la simple raison que CPM est juste une émanation de nous mêmes, et nous en sommes nous mêmes une émanation. Quel est le rapport entre l'exposition de Reed 013 et Norma Loy? C'est le graphiste du groupe. C'est Usher qui a fait la musique de cette exposition qui date de 80-82. Norma Loy s'est formé à la suite de cette manifestation, pour faire la musique des images. Nous n'avons jamais séparé l'un de l'autre. Comment s'est passé le concert en première partie des Fields of the Nephilim à Paris ? On a eu beaucoup de problèmes avec eux, ils ont refusé qu'on exploite vraiment nos diapos, prétextant qu'eux n'en avaient pas. On a fait une mini tournée avec eux et le lendemain du concert de l'Elysée Montmartre nous n'avions plus de balance, pour les éclairages il fallait se contenter de 2 ou 3 boutons... ce sont les anglais ! Mais nous avons bien aimé ce concert. Vos diapos, en concert, ne sont-elles pas un peu choquantes ? Je trouve intéressant de choquer de cette manière, provoquer une espèce de rupture. C'est choquer pour dévoiler quelque chose. Pourquoi vous voit-on si peu sur scène ? A Paris, cela fait déjà 2 en 6 mois, on ne veut pas non plus lasser le public. D'autre part, j'attends toutes les bonnes volontés, mais il faut nous proposer une salle correcte. On ne veut pas jouer dans une cave où il rentre 60 personnes, c'est évident. Je lance un appel : que tous ceux qui veulent nous voir jouer nous contactent, nous refusons de plus en plus rarement. Il y a eu une période pendant laquelle nous avons pratiquement arrêté les concerts parce que c'était trop compliqué, des salles mal adaptées, des organisateurs qui n'y connaissaient rien, qui improvisent pour une soirée mais qui n'ont pas forcément les compétences dans ce domaine. On était peut-être aussi en tort à l'époque. Nous avons fait de très mauvais concerts de toutes façons. Je le reconnais. Peut-on qualifier votre musique d'industrielle ? Je ne la classe pas. je me contente de faire ma musique. On ne peut pas nier qu'il y ait des influences industrielles dans ce que nous faisons, ça nous arrive d'écouter ce style de musique, mais pas uniquement. Cela dépend ce qu'on défini par cette appellation. Quel est le concept "musique industrielle" ? Est-ce que des groupes comme Throbbing Gristle ou Psychic TV, font de l'industriel ? Sur disques c'est souvent pop. Le problème est le même pour Tuxedomoon. Certains morceaux de Norma Loy sont purement industriels, pour "Dead in the bed" nous avons utilisé uniquement des sons de machines. Mais ce n'est pas la part prépondérante de ce que nous faisons. C'est beaucoup plus mélodique, romantique, sacré. Il y a de la musique ethnique, de la cold. de la pop, du rock. C'est un carrefour. Nous écoutons beaucoup de musique contemporaine, de la musique classique, ethnique, du jazz. C'est comme si on ne lisait que des BD ou uniquement des magazines. Est-ce que le côté visuel est plus important que la musique ? Non, mais je pense que le côté mise en scène est important Je n'arrive pas à séparer les deux quand nous faisons une performance. Pour nous, des le départ, la musique et l'image ont été intimement mêlées, il suffit de voir les pochettes. On y apporte quand même un grand soin. On essaie que ce soit autre chose qu'un bout de carton avec le nom du groupe et une image pour décorer. Nous sommes autant plasticiens que musiciens. Norma Loy est l'émanation la plus connue de CPM mais nous faisons beaucoup d'autres choses qui ont énormément moins de répercussions. Bien qu'on ne puisse pas dire que Norma Loy ait une grande répercussion non plus. Enfin, nous pouvons compter sur 5 600 auditeurs, c'est déjà important en France. Etes-vous distribués à l'étranger ? Just'in et Eurobond n'ont absolument aucun contact à l'extérieur, ils commencent seulement à s'ouvrir. Pourquoi ne changez-vous pas de maison de disques ? C'est facile à dire. Je suis assez satisfait de l'actuelle. Ils font pas mal d'efforts qui ne sont pas forcément justifiés de leur part parce que, proportionnellement, on n'est pas assez importants pour les fonds qu'ils mettent sur nous. Et en France, je ne vois pas trop. Qu'est ce qu'il y a... Danceteria... moi j'aime bien, mais je crois qu'ils ne font rien de mieux que Just'in / Eurobond. New Rose. bon, je passe... On a déjà traversé de nombreux labels et pour l'instant c'est celui qui nous convient le mieux. Il faudrait dealer des licences à l'étranger, mais on n'est pas vraiment des commerciaux. J'ai déjà assez à m'occuper des pochettes, de la musique et de CPM sans faire tout ça. Les paroles de tes chansons sont-elles importantes ? Quand j'écris tes paroles, j'essaye de faire passer quelque chose d'important, ce n'est pas un coloriage sur de la musique. Les thèmes sont récurrents d'un album à l'autre. Il y a un message rassembleur et porteur de paix, malgré l'apparence. Je milite pour la fraternité et le partage des consciences. Il y a une réflexion sur le monde et sur les relations qu'on peut avoir les uns envers les autres, envers l'espace qui nous entoure, et aussi vers l'esprit "Power of spirit" n'est pas seulement un slogan ou un refrain. Si je prends la peine de retranscrire les paroles sur les pochettes. c'est parce que je regrette que ce soit en anglais. Justement, pourquoi chantes tu en anglais ? Je ne suis pas parvenu à rendre ce que je veux dire en français. Cette langue se plie beaucoup moins, on ne peut pas trop la tordre et puis elle trimballe une logique cartésienne qui n'est pas facile à manier quand on veut faire des associations d'images. J'ai une espèce de recul par rapport à cette langue. Quand on commence des textes en français, on a toujours peur du ridicule quelque part. C'est très difficile, pourtant il y en a qui y arrivent tres bien. Ils ont réussi à faire ce que les anglais font de leur langue. c'est à dire une musique en elle-même. J'ai trop de respect pour la langue pour arriver à la décortiquer comme ça. J'y arrive bien avec l'anglais parce que je peux me permettre de tordre les syllabes et d'assembler des termes, même si je n'ai pas un niveau très très élevé. Ça me laisse plus de liberté, il y a un voile entre les mots et moi qui me permet de m'en détacher. Si c'était en français, je crois que je n'y arriverais pas. Mais nous avons commencé à travailler sur des textes en français sur le prochain album. "L'homme à la moto" n'est pas en anglais, je peux tout à fait chanter en français. Mais ce ne sont pas mes mots, je les ai simplement adaptés à moi. A propos de ce titre, c'est votre premier single. Est-ce une opération commerciale ? C'est bizarre, c'est vrai. Nous n'avions pas l'intention de le sortir, c'est notre maison de disque qui l'a décidé. Pourquoi pas ? Moi, j'aurais plutôt pris "Power of spirit". Nous rêvions d'un 45 tours avec deux morceaux inédits qu'on a jamais enregistrés, qui sont très très durs. Ce single servait à promouvoir l'album. C'est vrai que ce titre est assez détaché de l'album "Sacrifice". On se demande même ce qu'il vient faire là-dessus, mais c'est une suite de coïncidences qui a fait qu'il s'y soit retrouvé. Au départ nous étions sur un projet de compilation sur Piaf. J'aime bien Piaf, son côté culture populaire. Cela nous intéressait de prendre un morceau comme ça, très connu et puis de le changer et d'en faire quelque chose qui soit un peu à nous. Il n'a plus grand chose à voir avec l'original, à part les paroles, tout le reste a été changé. On l'a enregistré, et il s'est trouvé que la compilation ne s'est plus faite. Nous aimons bien ce morceau. Je pense que c'est une bonne reprise. C'est quelque chose qui nous a ouvert les portes, nous ne cherchons pas forcément à rester dans un ghetto. Si ça peut permettre à des gens qui n'auraient jamais eu l'idée de prendre seulement le disque entre leurs mains et à fortiori de l'écouter, de nous connaître... Cela nous a permis de passer sur des radios qui n'auraient jamais diffusé un autre titre de Norma Loy. Donc, je ne le renie pas du tout, mais c'est sûr qu'il a du mal à se tenir sur cet album, il aurait fallut le sortir seulement sur un single séparé. Parce qu'il y a bien un petit noyau de fidèles qui achètent systématiquement tout, mais parfois il y a des produits nouveaux et les gens ne le savent pas. Au niveau presse, il n'y a rien, on est toujours catalogué dans les groupes difficiles, super intellos, musique conceptuelle en se bouchant le nez, trop dur, trop ci, trop ça, pas assez dansant, etc... A chaque fois nous essayons de faire quelque chose qui puisse passer et dont on n'ait pas honte. Cela me permet à côté de ça de faire des trucs plus difficiles que j'aime autant. C'est plus passionnant de travailler sur un morceau comme "Replicants", mais c'était aussi intéressant que de faire "L'homme à la moto". Quelles sont tes influences ? On est forcément influencé, on n'est pas coupé du monde. Il y a des tas de choses qu'on écoute qui doivent se retrouver dans notre musique de temps en temps. On fait d'ailleurs beaucoup de clin d'oeil à des choses qu'on aime bien, mais les gens ne le voient jamais, il nous sortent toujours d'autres références auxquelles on n'aurait jamais pensé. Par exemple dans "TVision", la face "Rewind" était vraiment bourrée de clin d'oeil, à tous les niveaux. Il y avait des trucs à la Stones, des intonations Marc Almond, des trucs piqués à Lou Reed. Cela nous amusait de tout reconstruire comme un puzzle où on ne voit rien. Les gens n'ont rien vu et l'ont très très mal pris. Qu'est-ce que tu écoutes ? En rock'n'roll, j'aime bien Birthday Party, on adore Suicide. Pour moi, c'est le plus grand groupe du monde, ce qui s'est fait de mieux, de plus lumineux. J'adore les Stones, jusqu'en 70. J'aime bien Throbbing Gristle, Tuxedomoon. Plutôt des trucs un peu vieux en fait. Parmi ce qui sort maintenant, il n'y a rien qui me fout le cul par terre. New Order je n'aime pas du tout, je préfère de loin Joy Division. Je ne suis pas non plus axé sur les ténèbres, ça ne m'intéresse pas d'être catalogué cold-wave/Cure/Ian Curtis/pendu au plafond. On adore aussi les Stooges. Si j'avais trois options ce serait certainement les Stooges, Suicide et Tuxedomoon. Pour les groupes français, j'aime beaucoup Clair Obscur, X-Ray pop que je trouve fabuleux. Complot Bromswick. Asylum Pany...Liltle Nemo, je ne connais pas vraiment. Pour moi, ils doivent encore mûrir un peu, ils ont sûrement quelque chose de plus personnel à dire. Je ne veux jamais descendre quelqu'un du moment qu'il se montre productif et qu'il essaie de faire bouger les choses. Nous avons assez pâti de la résistance du milieu... Etes-vous satisfaits par "Sacrifice" ? J'en suis aussi satisfait que les précédents, même plus car il est beaucoup plus compact, il a une unité plus grande et il est plus complet dans ce qu'il aborde. A chaque fois qu'on sort quelque chose de nouveau, ça ne vaut jamais ce qu'il y avait avant, dans 3, 4 ans on en reparlera. Quand on a sorti "Psychic Altercations", tout le monde nous crachait à la gueule, alors que c'est la meilleure chose qu'on ait faite. Pour moi, si j'ai sorti quelque chose dont je ne sois pas particulièrement fier, c'est le premier maxi. Cela ne veut pas dire non plus que "Sacrifice" est un tas de boue. Le prochain, je pense qu'il sera bien différent. On va essayer d'avoir l'aspect plus ramassé, plus brut, avec des arrangements plus poussés. Il sortira en Octobre peut-être. On va l'enregistrer en Août. Il s'appelera "Rebirth" comme c'est spécifié sur l'album précédent si tu regardes attentivement. Ce sera une espèce de renaissance beaucoup plus portée vers le partage. On espérait sortir quelque chose de beaucoup plus apaisé, mais ce que je vois arriver me paraît très très dur. Il y a un miroir qui nous entoure, et je le voit sans rémission, sans compassion et sans amour. Notre message est plus que jamais à l'ordre du jour. Je ne suis pas du tout pour la violence. Ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est la montée de l'intolérance, du fanatisme de toutes les sortes d'intégristes, les extrêmes, la remontée du fascisme... On a parlé de groupes industriels tout à l'heure; je me méfie des Front 242 et compagnie. C'est facile de jouer avec l'image du totalitarisme. Nous sommes parfois très violents pour justement démonter ce mécanisme. C'est pas la danse des bunkers, le rock des chambres à gaz... Tout ça, c'est déplorable... Que peux-tu me dire du Buto ? C'est apparu chez nous il y a deux ans, en particulier à l'époque de "Sacrifice". Cest une danse d'origine japonaise qui rassemble des influences européennes comme Bataille, Artaud ou le surréalisme. C'est aussi la "danse de la bombe", la danse des ténèbres, on en expulse quelque chose de lumineux. Nous avons travaillé avec la troupe Fovea et Sumako Koseki. A Dijon on a fait ce qu'on rêve de faire habituellement, avec tout un environnement, énormément de téléviseurs qui diffusaient des parasites, des superbes éclairages, et au milieu... la danse. Une atmosphère de rituel. Christophe Labussière > RITUAL n°7 Janvier 1989 Entretien avec Manu de Norma Loy N'établissant aucune frontière entre musical et pictural, réalité et folie, hétérogénéité et harmonie, Norna Loy perturbe les âmes sensibles sans besoin d'user d'effets spéciaux. Les neurones, ça compte, d'autant plus qu'il paraît que nos chères cellules sans lesquelles nous ne serions que des niais et des niaises ne se reproduisent pas. Norma Loy nous prouve donc que la créativité n'est tributaire que de cette alchimie intellectuelle qui fait disjoncter leur boite on os et qu'ils n'ont rien à foutre de tout ce showbiz vaguement rock'n'rollien, paraplégique de l'émotivité, mais qui pogote dans des soirées très privées... LA GENESE Au départ, il y a une dizaine d'années, c'était une cellule de graphisme qui faisait des performances. En fait, le groupe s'est formé pour l'expo "Mécaniques Bébés' (comme le coffret qù'on a édité par la suite). On avait besoin d'une musique dans cet environnement de radiographies; et de collages industriels, on a fait une bande-son. Différentes personnes sont venues et reparties, et le premier maxi est sorti en 1982. Un des premiers disques de cold-wave. LA METHODE On a toujours été indépendant, on ce réclame d'aucun mouvement. De plus en plus de groupes font appel à des exhibitions multmrmédias. L'aspect visuel a toujours été très développé. On centre pas notre image sur nous, on vend pas notre tête. On propose autre chose, mais un tout qu'on ne peut pas séparer. On ne fera jamais de concert sans projection, et on va maintenant essayer d' inclure de la danse Japonaise le Buto. C'est quelque chose de très fort et de très recueilli, le deuxième grand choc après la période effervescente de 77 à 81. L' EXPRESSIONISME Faut se replacer dans le contexte, époque 77-79, en plein mouvement punk. Si on est entré à ce moment là dans une mouvance, c'était Bazooka, l'Art Russe, le Constructivisme. On a développé un truc parallèle à ça. L'ASPECT COMMERCIAL Du moment que tu produis quelque chose et que tu as pour ambition de toucher les gens, il faut que tu utilises une maison de distribution; tu tombes fatalement dans le circuit commercial. Notre but au départ, c'était de se positionner en tant que virus : le virus pénètre avec ses propres armes pour se multiplier à l'intérieur. Trop dur : on n'est pas des stratèges de la vente, ce qui explique pourquoi on a cet aspect un peu flou. On s'est toujours concentré sur le côté artistique; ça rejoint le theme qu'on aborde tout le temps, la fonctIon de la réalité. LA RELIGlON L'idée de Dieu, c'est fondamental. Sitôt que tu pousses quoi que ce soit en dehors des limites (maths, physique ou philo) à partir d'un certain moment, tu vas te sentir confronté à l'infiniment grand ou petit, l'espace, le temps, la création en elle-même. Dieu, c'est surtout pas un mouvement de choses délimitées. On s'inscrit vraiment contre les religions, mais on les utilise. Ce sont des instruments de domination et de pouvoir, des amalgames de tout ce qui trame de l'Egypte à la Grèce, avec toujours présente l'idée de l'éternité. On cherche à atteindre cette espèce de compréhension pour pas utiliser le terne Vérité, le principe générateur de tout amour. L'ASIE Le Bouddhisme n'est pas meilleur que le Christianisme, suffit de penser à ce qui s'est passé au Tibet. Mais il existe quand même une ambiance beaucoup plus sereine; on se sent bien dans un temple bouddhiste, avec une espèce de foi et de communion beaucoup plus fortes qu'ici ou la religion est un truc masochiste avec une symbolique incroyable, une des plus grandes avec la symbolique juive. L'important, c'est d'être avec les autres, j'allais dire les aimer mais ici le terme amour prend de plus en plus une coloration niaise ou fade, et non pas quelque chose de puissant qui véhicule un échange d'informations. L' intéret, c'est l'ouverture, c'est ce qu'on prone en premier au lieu du metissage où les tendances se heurtent avec un côté cocktail; la rencontre de cultures. UNE DEMARCHE INTELLECTUELLE Je prends pas les gens pour des cons. Ce message, n'importe qui peut le comprendre en se promenant et en regardant, tu peux voir la beauté des choses. Pourtant, si tu décortiques, tu peux faire quelque chose d'éminemment intellectuel. Quand on me demande d'expliquer, je suis bien obligé d'employer des phrases et de les assembler. Mais c'est quelque chose qui n'a pas besoin d'être dit. On demande un sens de l'implication. J'attends des gens qu'ils s'investissent sans demander des formules toutes faites. C'est à eux de fournir un travail; la vie, c'est d'être productif réfléchir sur soi et sur les autres pour les comprendre et éviter les carcans idéologiques. LA PSYCHANALYSE Un membre du groupe est un psycho en milieu hospitalier, et on reste très fasciné par la psychanalyse. Tout ce qui a trait à l'inconscient nous remue, c'est là qu'il faut chercher. LE HASARD Il n'existe pas. Par exemple, on enregistre un disque sans le préparer, avec juste une base; et puis on laisse venir au dernier moment des choses qui vont arrIver : elles ne doivent rien au hasard mais à ce que tu extirpes de toi. Je n'arrive à travailler que dans une situation d'urgence, pour me pousser et libérer une énergie. Pendant des années, le groupe se voyait une fois tous les mois, on a même enregistré en répétant deux ou trois fois. Il n'y a pas de lien de groupe, un rapport d'amitié avant tout, presque télépathique : on ne se concerte pas, on fait les choses, brutalement. Notre ligne paraît erratique, mais on reste fidèle à nos objectifs. On n'a jamais fait de compromission. EDITH PIAF On ne voulait pas faire du garage-band à la mords-moi le noeud On a pris une autre musique qui n'a rien à voir, et on à travaillé l'aspect vieux film des années 50. la compilation s'est pas faite, mais on a gardé l'homme à la moto pour l'album, comme titre susceptible de passer à la radio. C'est un peu à part. > BEST n°251 Resistance / Complot Bronswick / Norma Loy Review du concert à l'Elysée Montmartre, 12 avril 1989 Choc visuel assuré avec Norma Loy, avec un matraquage à la longue dérangeant d'images fortes, mélant sexe, mort, religion et sigles CPM (leur mystérieux label) en un amalgame douteux pour le spectateur non averti. Abstraction faite de ce détail, il y a aussi les apparitions d'un couple de majestueuses danseuses Buto, des éclairages léchés, l'impact des deux batteries, et l'incroyable présence du chanteur. Un set à la puissance exceptionnelle. Très au point musicalement et bénéficiant d'un son étonnant, Norma Loy a volé la vedette aux deux autres groupes de cette soirée qui célébrait aussi le grand retour sur les planches des mythiques Complot Bronswick. Visuellement très fort, dans un autre style, avec des jeux de lumières rasantes et un esprit certain de mise en scène, Complot avait tout pour séduire. Mais ce "tout" repose sur l'ambiance, et l'ambiance justement, trop souvent cassée par des problèmes techniques, n'y était pas. La Rolls, comme dans un triste conte de fée, s'est muée en 2 CV capricieuse et hoqueteuse, qui de calage en calage n'a pas réussi à démarrer. Dommage. A l'inverse, Résistance qui ouvrait la soirée, avec tous les handicaps que le rôle implique (public plus que clairsemé, petit son...) s'en est remarquablement bien tiré. La voix exceptionnelle du chanteur, la musique envoûtante et la sobriété de leur prestation ont fait l'unanimité. ![]() Usher > ESPOIRS EPHEMERES Janvier 1990 Entretien avec Usher Avant toute chose, pouvez vous presenter Norma Loy et enoncer les étapes qui jalonent son histoire ? Norma Loy existe sous ce nom depuis 1981 mais Chelsea et moi avons cornmencé notre travail en commun dès 1978 au sein d'une structure de production qui préfigurait CPM et s'appelait HP. A cette époque, nous avions sorti des livres, dont l'un continue d'être distribué actuellement sous le nom de "Attitude", et jouions dans un groupe minimal tendance Suicide intitulé "Coit Bergman". En 1980, Chelsea et moi avons réalisé une exposition du nom de "Mécaniques Bébés", exposition appuyé d'un support musical approprié. Le dernier peut être considéré comme à l'origine du groupe Norma Loy. Depuis votre maxi sorti chez New Wave en 1982, Norma Loy semble avoir conservé une formation stable, hormis le départ de Anna F., remplacé par Scavonne H. Ces deux personnes ne sont-elles qu'une ? Comment travaillez vous au sein de Norma Loy ? Anne F, la première bassiste du groupe, a joué sur les deux premiers maxis 45 tours, Norma Loy sorti en 1982 chez New Wave Records et Psychic Altercations sorti en 1984 chez CPM Records, notre propre label de production. Après une période de transition, Scanove H a remplacé Anna Fà la basse pour la réalisation d'un premier album intitulé T-Vision, sorti en 1986 sur Divine Madrigal. Un second album intitulé Sacrifice est sorti dernièrement, en 1988, sur Just'In avec l'arrivée d'un deuxième batteur Scanove F, le frère du bassiste. Parallèlement à la musique, les structures visuelles ont, elles aussi, également évolué, avec l'adjonction de la danse en 1987/88, et spécialement du buto, mouvement d'expression corporelle d'origine japonaise. Cela peut d'ailleurs se voir lors de nos concerts ou dans des vidéos, en particulierc elle tournée à l'Atheneurn de Dijon avec la participation de la compagnie Fovéa en Danse. Quant aux méthodes de travail, elles ont, elles aussi, un peu évolué. En effet, nous travaillions avant surtout par K7, ce qui n'est plus tout à fait le cas maintenant. Nous procédons actuellement d'une façon plus classique, par répétition, improvisation d'où découlent les morceaux. Les répétitions ne sont cependant pas trop intensives, notre volonté étant de ne pas trop "charger" dans l'esprit, nous tenons à conserver un espace libre pulsionnel d'urgence. Pour ce qui est des grandes lignes, en général, Chelsea contrôle principalement l'aspect visuel et moi, Usher, l'aspect musical. Depuis ce même maxi, sorti de New Wave en 1982, votre musique semble être devenue moins synthétique, plus sombre et moins rythmée. Pensez vous réellement que celle-ci ait évolué ? Si oui, à quoi attribuez vous cette évolution ? Que notre musique soit plus sombre maintenant, cela nous semble à peu près juste, encore que le terme soit à définir. Qu'elle soit moins rythmée et synthétique, certainement pas. En effet, depuis ses débuts, et surtout depuis l'arrivée d'un deuxième batteur, les percussions ont pris le dessus sur les autres instruments. Norma Loy peut donc être considéré comme une formation essentiellement rythmique et ce, surtout en live. Nous ne considérons pas, cependant, notre musique comme moins synthétique maintenant qu'avant, bien au contraire. Ainsi travaillons nous essentiellement à présent sur la base des synthétiseurs, des samplers, ce qui n'était pas le cas autrefois avec notre seul synthé monophonique. Ceci dit, pour tempérer un peu ma réponse, nous ne nous considérons absolument pas comme un groupe synthétique, au sens où on l'entend maintenant, ne serait-ce que par l'absence des boites à rythme. En fait, définir notre musique n'est pas chose facile, car elle comprend d'une part, un aspect industriel, et d'autre part, un aspect plus physique, le tout reposant toujours sur une base mélodique. Tout cela part d'une même dynamique, sous des aspects assez différents. Notre musique est à l'image de la vie, ni entièrement noire, ni entièrement blanche, ni joyeuse, ni triste. Pour ce qui est de l'évolution, il suffit d'écouter les disques. Dans notre esprit, ceux-ci se répondent les uns aux autres, s'enchainent les uns aux autres, selon une logique de l'évolution. Notre production évolue d'une façon naturelle, en même temps que nous. Ainsi nous sommes toujours en mouvement, tout comme la vie, en prise directe avec ce que nous ressentons du monde qui nous environne, dans ses soubresauts politiques ou religieux. Celle-ci suit notre évolution spirituelle, les expériences que nous vivons... Il est évident que nous ne réagissons pas aujourd'hui de la même manière qu'il y a huit ans, même si nous n'avons jamais cessé de croire en une même si nous n'avons jamais cessé de croire en une même philosophie qui continue de se développer. Votre album "T-Vision" est divisé en deux faces distinctes: "Rewind" et "T-Vision". Pourquoi avoir établi cette distinction ? Ce choix correspond-il à deux aspirations différentes du groupe ? Rewind est un tour d'horizon de ce qui a pu se faire dans la production rock de ces vingts dernières années. C'est une musique que nous apprécions, mais que nous avons joué superficiellement c'est ce que nous appelons des replicants, une musique de divertissement. T-Vi-sion, au contraire, est un peu l'alternative que nous proposons, une voie plus spirituelle. Cette face traite directement du CPM, le thème même de l'album les interférences entre l'esprit, la réalité, la non-réalité, ce que nous définissons comme le réel-réel et la basse réalité. Sacrifice se situe dans la continuité de T-Vision, d'une manière plus extrême. Les mêmes thèmes sont abordés avec Death to the low world, Replicants, Power of spirit. Il n'y a qu'une exception notable sur cet album : L'homme à la moto, un titre que je rapprocherai, pour ma part, de Rewind, une musique plus facile peut-être. "Eden is again" est un titre très mystique, alors que "P-Body" est beaucoup moins sombre, moins incantatoire. Pourquoi une si grande disparité au sein d'un même album ? Cette question se situe dans la lignée de la précédente. Eden is again est un morceau présent sur la face T-Vision : c'est, en fait, une parabole des discours développés par les sectes, des discours totalitaires. P-Body, par contre, se trouve sur Rewind. Si P-Body présente un aspect superficiel, un peu douceâtre dans l'ambiance musicale du morceau, le thème, lui, est dur : il traite de l'artificiel dans le corps, de la relation avec l'hôpital, de la soufrance du corps, du mécanique dans la biologique, des prothèses question de plus en plus d'actualité au vu des progrès accomplis dans le domaine de la médecine, de la micro-chirurgie avec les manipulations génétiques... Les textes de Norma Loy parlent d'amour, de plaisirs, de sexualité, de la mort, de la naissance... Quelles idées cherchez-vous à exprimer dans ces diverses compositions ? Que représentent pour vous ces thèmes ? Les sujets abordés rjoigneut ce qui nous semble etre les grandes préoccupations de l'homme face à lui-même, de la position par rapport au monde, au tout, ses interrogations, ce qui le fait vivre, ce qui le fait mourir, ce qui le fait évoluer, dans les apparences de la perception physique. Nous essayons de décrire ce que nous ressentons comme important et de réaliser une prise de conscience. De plus, l'extase, le sacrifice, l'érotisme... sont des expériences intérieures qui nous font accéder à une vérité au fond de nous-même, à des interrogations primordiaies ou créatrices. C'est de tout cela que nous essayons de rendre compte. Usher en travaillant seul ou avec DZ-Lectric désire-t-il découvrir des horizons musicaux non encore explorés par Norma Loy ? Quelles sont les raisons de cette cooperation ? DZ et moi avions, à l'époque, des préoccupations communes, j'avais besoin de m'exprimer au sein d'une structure moins lourde que Norma Loy, d'où ces morceaux et K7 réalisés ensemble jusque 1986 et cette K7 "Fraternité" sortie en 1987. Je n'ai plus vraiment le temps, actuellement, de poursuivre ces travaux, mais quelque chose devrait à nouveau se faire plus tard avec Chelsea sur ce mode un peu ludique des cassettes, enregistrées rapidement et avec vraiment peu de moyens. Certains membres de Norma Loy appartiennent au CPM, un cercle artistique dont les éléments partagent en commun une certaine philosophie. Que signifie CPM ? Pouvez-vous nous parlez plus amplement des activités artistiques de ce cercle et de la manière dont travaillent les membres dans leurs diverses créations ? Quelle est cette philosophie qu'ont en commun les adhérents du CPM ? Le CPM a deux options principales intimement liées. D'une part le label de production qui regroupe toutes nos activités sur un plan pratique : musicales, graphiques, littéraires... L'aspect multimédia est inhérent â notre démarche. Si les disques de Norma Loy en sont l'aspect le plus connu, il ne faut pas faire l'impasse sur tout le reste. Ainsi, sur scène ou sur disques, le visuel est-il intimement lié au musical. Toute cette production répond, pour nous, à une démarcbe qui la soutient. Quelque chose relie les différents éléments entre eux, une sorte de philosophie dont le CPM se veut l'incarnation. Le second aspect est pour nous le plus important car tout ce que nous produisons en découle directement. CPM est un groupe de réflexion, un mouvement de pensées qui unit les membres entre eux, un catalogue d'actions qui oeuvre dans un but d'ouverture et de compréhension.. Ce n'est ni une secte, ni une idéologie de pression, mais un effort porté à la révélation et àl'expérimentation des limites. Il faut d'abord comprendre les autres, se connaître soi-même pour essayer d'aborder le réel-réel, le grand tout. Nous avons abandonné toute prophylaxie et espérons simplement que nos spectateurs, auditeurs et lecteurs recevront au moins une partie du message qui découle de nos actes. CPM c'est "a way of life". Depuis ses débuts Norma Loy semble vouer un interêt particulier à l'oeil. Que représente cet organe pour vous ? Pensez vous que l'oeil soit un reflet de l'esprit et que son incidence sur le psychisme humain soit important ? L'oeil est depuis toujours le symbole de dieu. Pour cette raison, nous l'utilisons souvent car il est l'une des grandes interrogations. Sa particularité repose dans son pouvoir de pénétration et dans les fantssmes qu'il véhicule, le mauvais oeil, l'oeil qui voit tout.... L'oeil de T-Vision, lui, est un reliquaire, une boite derrière laquelle quelque chose est àdécouvrir. On pourait dire, pour simplifier, qu'il y plusieurs visions : la première s'attachant à la superficie des choses, la seconde à l'audelà. L'oeil est très utilisé au sein des religions parce qu'il dépasse tous les organes du corps, parce qu'il est un "en dehors" du corps, comme le montre Bataille avec un regard initiatique du monde dans son histoire de l'oeil. Le logo de CPM représentant un oeil est une allégorie de la progression intérieure : l'oeil symbolise différents cercles d'une série d'étapes que nous avons à accomplir. Il est pour cela traversé de différentes lignes de force. Nous ne prétendons pas avoir accédé à une sagesse suprême ou même à la vérité : nous cherchons simplement à la réaliser.... L'oeil ne symbolise pas l'esprit en lui-même mais, par exemple, le lotus dans le Boudhisme. Il faut essayer de percer les ténèbres, les sensations communes que l'on trouve dans l'illusion matérielle. C'est un de noe principaux thèmes. De même la télévision, et plus largement les médias, semblent vous fasciner. Que représentent-ils pour vous ? Ceux-ci ne sont-ils pas de merveilleux instruments de communication, mais aussi d'inégalables outils de propagande et d'endoctrinement ? Si ces moyens d'expression ont une certaine importance, pourquoi alors délivrer si peu d'interviews et rester si secret ? La télévision est l'un de nos grands thèmes, avec la recherche de soi, les hôpitaux... C'est un médium, une expérience purement intellectuelle d'appréhension simultanée de différents niveaux de réalité. Tuxedomoon disait "vivre plusieurs vies par les images", dans l'espace et dans le temps. C'est aussi une mémoire électronique qui nous met en rapport avec une partie de nous qui a trait aux souvenirs inconscients. Ce dernier est, pour nous, quelque chose qui est toujours sous-jascent. Nous sommes la génération cathodique : des TV-boys, des TV-girls... Les virus électroniques sont partie intégrante de nous et la TV est un instrument de pouvoir et de manipulation du fait même de sa constitution ou des répercussions qu'elle a sur le psychisme. Psycho-TV travaille à l'intérieur, c'est un dogme, c'est la dernière religion universelle qui baigne la terre entière. C'est, en même temps un monde truqué au sens où toutes les communications, télévisions, radios... sont faussées et ce, dès le départ. Nous n'entendons pas vraiment ce qui est dit, nous manquons toujours le contenu du message, les à-cotés et il ne reste que les grandes lignes préfabriquées, un peu comme des canaux visuels. C'est de la nourriture, des images, des sons, et tout cela ne nous appartient pas : c'est simplement fait pour être avalé, et, en plus, il n'y a pas de feed-back, pas de réponse possible. De la provenance du message nous n'en savons rien, sinon qu'ils sont codés et qu'ils sont entendus sans vraiment en comprendre le fondement cet oeil dévot, présent partout a un coté fascinant. Quant au fait que nous ne délivrions pas d'interviews, c'est faux, la preuve en est.... Nous sommes toujours prêts à répondre aux questions que l'on veut bien nous poser. Nous n'avons pas un sens prononcé du secret, tout au plus nous situons nous avec un peu de recul... Les derniers temps nous avons fait un plus grand effort de communication par rapport à l'extérieur, ce qui n'a pas toujours été le cas, il est vrai. Il faut dire également que Norma Loy / CPM ne constituent pas des moyens de subsistance pour nous, loin de là. De ce fait, nous arrivons tout juste à équilibrer nos frais de fonctionnement et avons tous une activité salariale, ce qui nous prend pas mal de temps et ne nous permet pas une disponibilité de tous les instants. Notre production, à vrai dire, contient une bonne part des réponses que l'on peut se poser à ce sujet si on y prête attention. Quels sont vos projets ? Dans le futur immédiat, nous projetons de sortir un nouveau compact reprenant la face Rewind de T-Vision, le deuxième maxi Psychic Altercations, ainsi que quelques inédits. En même temps devrait également sortir un album comprenant nos premiers maxis, Norma Loy et Psychic Altercations, accompagné de quelques autres morceaux. Des K7, des vidéos, un live de la tournée 88 comprenant différentes dates, notamment Nantes, Paris, Lyon et Dijon devraient également voir le jour assez rapidement. Quelques concerts devraient avoir lieu cette même année, ceci afin de communiquer directement avec le public. Enfin, dans un futur plus lointain, nous enregistrerons et sortirons Rebirth en JuilletlAoût 1989, notre nouvel album. ![]() Attitudes girls ! >
PREMONITION n°9 Automne 1991 Rebirth
correspondait à une renaissance spirituelle, en es-tu réellement satisfait
avec le temps ? Cette
nouveile jeunesse avec Attitude est basée sur des expériences personnelles.
Il y a toujours cette volonté de faire partager, ou de chercher une
vérité intérieure ? C'en
est donc fini du groupe métaphysique ? Tu
trouves que vous êtes aujourd'hui plus affirrnés, plus au point, cela
rime t-il avec une musique plus traditionnelle ? Et
Résistance dans tout cela ? Vos
relations avec les labels et en particulier avec Eurobond on toujours
été fastidieuses. Comment cela se passe t-il avec Déclic ? Que
devient CPM et le Buto ? Te consacres-tu toujours à d'autres activités
? As-tu
trouvé ta vérité créatrice ? Votre
dernier concert au Pigall's était parsemé d'anciens morceaux de la trilogie.
Cela cor-respondait à votre pro-grammation ou était-ce une réponse à
la volonté du public ? Tu
m'avais dis que le public suivrait, et que de toute façon vous en aviez
assez de cette musique ? Les
diapos projetées lors du concert n'ont plus réelement de rapport avec
votre nouvelle musique. Y travailles-tu ? Les
concerts et la relation avec le public seront-ils toujours aussi importants
que lorsque vous développiez une musique plus violente et agressive
? Quels
sont vos projets ? Qu'écoutes-tu
en ce moment ? Quel
rôle a joué le maxi "Psychic Altercation" dans les productions de Norma
Loy ? C'était un idéal ? Le
mot de la fin. Propos
recueillis par Olivier Chesnoy Chelsea,
chanteur, s'explique : Leur
show provocateur, lui par contre, est tout à fait bien orchestré : |
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